Le mari explique pourquoi sa femme glisse sa main dans sa chemise – cela émeut tout le monde sur internet

Le mariage ce n’est pas toujours facile, même si on s’aime. Quand les années passent, cela laisse des traces, pas que physiquement. Chez certains malheureusement cela s’accompagne de démence.

Brandon Stanton est photographe et a créé la magnifique série Humans of New York. Dans cette galerie de portraits, il cherche à montrer le New York d’aujourd’hui, sa diversité, ses enjeux, sa beauté et ses douleurs.

Alors qu’il cherchait de nouvelles personnes à photographier, il a rencontré un couple âgé qui l’a bouleversé.

Le couple est américain. Ils sont mariés depuis plus de 50 ans mais il y a plusieurs années, la femme a commencé à souffrir de pertes de mémoire avant de sombrer dans une forme de démence. Au lieu de laisser sa femme dans un hospice, son mari reste à ses côtés et s’en occupe au quotidien. Voici leur histoire:

« J’avais dix-neuf ans. Elle en avait seize. Nous nous donnions rendez-vous normalement le dimanche. On ne faisait pas grand chose. Nous étions très conservateurs. J’étais fermier.

Mais à chaque rendez-vous nous nous rapprochions. Et puis elle m’a invité à son bal de fin d’année. C’était à juste dix miles d’ici, à Richmond. J’étais le seul à être sans costume.

Tous ces gens de la ville ne savaient pas quoi penser de moi. Je ne peux pas vous dire quand nous sommes tombés amoureux. Je ne peux même pas vous dire quand je lui ai demandé de m’épouser. C’est venu naturellement. Je crois qu’on était juste assis dans la voiture et que je lui ai donné la bague. Je n’ai pas de grands moments à partager. Nous étions des gens très simples. C’étaient les jours heureux. »

Tout allait en effet très bien, jusqu’à ce que le mari commence à noter que quelque chose clochait.

« Nous avons célébré notre 50e anniversaire de mariage à Branson dans le Missouri. Sur le chemin du retour, elle n’arrêtait pas de me dire que nous n’allions pas dans le bon sens. Elle insistait vraiment. Je n’ai pas lutté. Je l’ai laissé tournoyer parce que je savais que nous allions finir par retomber sur la route principale pour rentrer dans le Michigan. C’est là que j’ai su.

Son père souffrait de démence. Et son père avant lui. Donc je savais ce qui était en train de se passer.

Très vite, elle a commencé à oublier des noms. Quand ça a commencé à aller vraiment mal, elle a voulu partir. Elle essayait toujours de s’enfuir de la maison. Je devais me mettre en travers de la porte pour l’empêcher de passer.

Un matin je me suis réveillé et je ne l’ai pas vue. J’étais terrifié: Où était-elle passée? Où était-elle passée? J’ai couru dehors et il faisait nuit noire. En contrebas de la rue il y avait un lampadaire. Je l’ai à peine vue traverser. J’ai couru et je l’ai rattrapée mais elle s’est débattue. Elle ne voulait pas rentrer à la maison. »

Même si leur vie n’est pas facile, il ne veut absolument pas l’abandonner. Il fait de son mieux pour s’occuper d’elle et la soutenir.

« Je regrette que nous ne puissions pas sortir et aller danser. Ou nous rendre chez d’autres personnes. Nous avions l’habitude de faire du volontariat dans une maison de retraite tous les mercredis. Elle y jouait du piano et moi je tournais la partition pour elle.

Les chansons ont été l’une des dernières choses dont elle s’est souvenue. La musique était sa vie.

Mais un jour elle a arrêté de jouer. Alors j’ai dit au personnel de la maison de retraite qu’ils devaient trouver quelqu’un d’autre. Du coup, nous restons tous les deux à la maison maintenant. Mais je ne vois pas ça comme une malédiction. C’est un honneur.

C’est ce que notre Seigneur m’a donné à faire. Elle a du s’occuper de sa famille durant toute sa vie. Et maintenant c’est à mon tour de m’occuper d’elle.

Elle n’est peut-être plus là mentalement. Mais au moins elle est à mes côtés. J’arrive encore à la faire sourire. Je fais des petits bruits avant de souffler sur elle, et elle sourit. Tous les matins nous nous asseyons sur ce canapé, l’un contre l’autre, jusqu’à midi. Je berce cette femme plus que je ne berce mes petits enfants.

Elle aime glisser sa main dans ma chemise pour toucher ma peau.

Et elle continue d’aimer que l’on s’embrasse. De temps en temps, elle se relève et me donne un baiser. Des fois elle commence à jacasser quelque chose. Elle ne prononce pas de vrais mots et ce qu’elle dit n’a pas aucun sens. Mais je ne lui demande jamais de se taire, c’est mieux que rien du tout.»

Ce mari aimant passe ses journées auprès de sa femme, la cajolant autant qu’il peut et apprécie plus que tout au monde de faire naître un sourire sur son visage. Sentir sa main contre sa peau, qu’elle se redresse pour l’embrasser, sont des moments magiques pour lui.

Autant d’amour, jusque dans la maladie, c’est très beau. Un histoire très émouvante qui ne laisse pas indifférent. C’est peut-être aussi ça l’amour inconditionnel.